Si la mammographie est la principale modalité d'imagerie mammaire utilisée pour le diagnostic précoce des tumeurs malignes du sein, sa sensibilité est réduite en présence de tissus mammaires denses. Une étude parue dans le JMIRS compare les performances diagnostiques de deux alternatives à la mammographie, la tomosynthèse et l’échographie mammaire.
La tomosynthèse permet de visualiser des masses et des distorsions architecturales qui ne sont pas clairement visibles en mammographie conventionnelle et offre des informations tissulaires en 3D sans superposition. Toutefois, la qualité de l'image étant généralement directement liée à la dose reçue par la patiente, des compromis sont nécessaires en lien avec les variations concernant la combinaison cible/filtre, l'épaisseur du sein et la densité mammaire.
L’échographie mammaire, quant à elle, s’accommode mieux de la densité mammaire et permet d'évaluer plus précisément la taille de la tumeur, de déterminer si une zone palpable correspond à une masse ou à du tissu mammaire normal. L'échographie haute résolution est une technique simple et peu coûteuse, mais elle est opérateur-dépendante et permet une évaluation limitée des structures profondes.
Une étude parue dans le Journal of Medical Imaging & Radiation Sciences (JMIRS) compare les performances diagnostiques respectives de la tomosynthèse et de l'échographie mammaire pour classer les lésions mammaires (bénignes ou malignes) selon la classification BI-RADS et à évaluer leur utilité potentielle lorsqu'elles sont interprétées séparément dans des contextes, diagnostiques ou de dépistage, spécifiques.
Cette étude prospective a été menée sur une période de 18 mois au sein du service de radiologie de l'université de Mansoura (Égypte). Elle a porté sur 120 patientes ayant bénéficié à la fois d'une tomosynthèse et d'une échographie mammaire. Deux radiologues spécialisés en imagerie mammaire ont évalué les lésions de manière indépendante, l'observateur A par échographie, l'observateur B par tomosynthèse, avec une corrélation anatomopathologique ultérieure des lésions examinées.
Au total, 154 lésions ont été évaluées. Parmi elles, 64 (41,6 %) étaient bénignes et 90 (58,4 %) malignes. Le nombre total de masses détectées était de 150 par tomosynthèse et de 152 par échographie. Une concordance allant de bonne à très bonne a été observée entre les observateurs A et B concernant la catégorie BI-RADS des lésions ou la forme des masses. La tomosynthèse a toutefois montré une spécificité plus élevée pour la forme des lésions (100 %) et la classification BIRADS (90,63 %), tandis que l'échographie a montré une sensibilité plus élevée pour la marge de masse (95,56 %) et la catégorisation BIRADS (93,33 %).
Les chercheurs ont ainsi considéré que la tomosynthèse a des performances diagnostiques comparables à celles de l'échographie pour caractériser les lésions mammaires comme bénignes ou malignes selon la catégorisation BIRADS et qu’elle offre l'avantage d'une détection améliorée des marges des lésions en raison d'une diminution du chevauchement des tissus.
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