La définition de la pratique avancée (PA) pour les MEM, les intitulés de poste et les exigences en matière de formation sont très divers à travers le monde. Une étude publiée dans le JMIRS analyse les impressions des MEM marocains sur le sujet.
Les expériences internationales en termes de PA pour les MEM, comme celle du Royaume-Uni avec son système à quatre niveaux, celle des États-Unis avec le rôle d'assistant radiologue, ou encore les initiatives au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, illustrent la manière dont les MEM ont assumé des responsabilités accrues dans des domaines tels que l'interprétation des examens, l'échographie, les actes interventionnels et l'enseignement. Un point commun à ces exemples est qu'une mise en œuvre réussie nécessite une reconnaissance réglementaire, une formation spécialisée ainsi qu'une définition plus claire des rôles.
Par ailleurs, les études suggèrent qu'une mise en œuvre réussie de la PA requiert un parcours de carrière standardisé et un cadre de gouvernance. En conséquence, la plupart des manipulateurs perçoivent la PA comme une opportunité majeure d'améliorer la qualité des soins et l'identité professionnelle, tout en répondant aux défis auxquels sont confrontés les systèmes de santé.
Au Maroc, les MEM partagent une formation initiale et un statut professionnel communs. Ce pays compte environ 2,7 radiologues pour 100 000 habitants, contre une moyenne estimée à 13 pour 100 000 en Europe, ce qui représente un écart de près de cinq fois en termes de disponibilité de spécialistes. Cette pénurie a récemment conduit la législation professionnelle et de l'enseignement supérieur à conduire une réforme, avec de nouvelles perspectives pour l'évolution du rôle des MEM, notamment la possibilité de créer des programmes de formation en PA de niveau master. Toutefois, la PA n'est pas encore officiellement mise en œuvre au sein du système de santé marocain.
Une étude publiée dans le Journal of Medical Imaging & Radiation Sciences (JMIRS) se propose d'examiner les perceptions et les opinions des MEM marocains au sujet des rôles de PA. Un questionnaire en ligne a été envoyé à un échantillon aléatoire de 120 MEM à partir de la base de données professionnelle de l'Association nationale marocaine des manipulateurs en radiologie (N = 605). Le questionnaire portait sur les opinions concernant les prérequis, les domaines de compétences, les obstacles à la mise en œuvre et les impacts perçus de la PA.
Le taux de réponse a été de 90,8% (n = 109/120). Les résultats indiquent que les MEM considèrent la réforme réglementaire de la PA (59,6%) comme le principal prérequis et l'absence de cadre juridique comme le principal obstacle (64,2%). Le bénéfice de la PA le plus attendu est l'amélioration de la qualité des soins (74,3%). La majorité des MEM soutiennent la PA, notamment dans le secteur public. Toutefois, la participation à des activités avancées reste limitée, avec une implication plus forte dans le choix des protocoles que dans la rédaction de comptes rendus ou la communication de résultats diagnostiques.
Pour accéder à cet article en intégralité, ainsi qu’aux autres articles publiés dans le JMIRS, vous devez être adhérent à l’AFPPE.
