Ségur de la Santé : une impression mitigée

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La première réunion de la grande concertation sur la réforme du systèpe hospitalier, le « Ségur de la Santé », s’est tenue le 25 mai 2020. Séverine Moynat, Présidente du Conseil National des Manipulateurs d’Électroradiologie Médicale (CNPMEM), était invitée à cette session. Nous l’avons rencontrée pour connaître ses impressions après quelques jours de réflexion.

Vous avez été invitée par le Ministère à participer à la réunion inaugurale du « Ségur de la Santé » le 25 mai 2020. Comment s »est déroulée cette session ?

Séverine Moynat : Nous étions près de 300 personnes à prendre part à une visioconférence. Il y avait là tout un tas de représentants des syndicats, des fédérations hospitalières, des praticiens hospitaliers, du collectif inter-hôpital, de la médecine de ville, des CNP médicaux et paramédicaux, mais également des délégués des associations de patients, des maires de France. Autant dire que tout le monde ne pouvait pas s’exprimer dans ce contexte.

Comment les temps de parole se sont-ils donc organisés ?

S.M. : Le Ministère avait tout simplement demandé à une quinzaine de personnes de s’exprimer, notamment les représentants de la CFDT Santé, de la Fédération Hospitalière de France (FHF), de la Fédération de l’hospitalisation Privée (FHP), de la FEHAP, des praticiens hospitaliers, des maires, des professionnels libéraux de ville, de l’AR Île-de-France et quelques autres. Mais les paramédicaux n’ont pas été invités à s’exprimer ce qui a été, sur le coup, très décevant.

Comment ce « Ségur de la Santé » a-t-il été présenté ?

S.M. : Ce projet de réforme du système hospitalier, basé sur quatre piliers principaux que sont la revalorisation des carrières et le développements des compétences et des parcours professionnels à l’hôpital et dans les EHPAD, un plan d’investissement et une réforme des modèles de financement, la mise en place d’un système plus souple revalorisant le collectif, le sens de l’équipe et l’initiative des professionnels, ainsi que la mise en place d’une organisation du système de santé fondée sur le territoire et intégrant hôpital, médecine de ville et médico-social. L’ensemble des acteurs du système seront appelés à émettre des idées qui seront mises en concertation jusqu’à la mi-juillet. Pour piloter ce projet, un Comité national de suivi des contributions a été formé, ainsi qu’un Groupe de travail dédié au rémunérations et carrières.

Les paramédicaux seront-ils intégrés à l’un de ces deux groupes, voire aux deux ?

S.M. : Pas du tout, et c’est ce qui est décevant pour nous. Nous pensions, nous soignants, être en première ligne dans les discussions et les négociations à venir mais pour l’instant il n’en est rien. Il semble que des retours d’expériences seront réalisés au niveau des territoires avec un espace dématérialisé pour consulter les avancées des contributions en ligne. L’organisation générale de ce projet n’est, en fait, pas très clair, puisque nous ne savons pas qui siègera dans les deux commissions. Je sais que des représentants médicaux seront concernés mais pas les paramédicaux.

Y a-t-il un agenda prévu ? Une prochaine réunion à préparer ?

S.M. : Non, rien n’est pour l’instant prévu sinon que le processus de recueil des contributions durera 7 semaines. Nous ne savons dons pas qui négociera les revalorisations salariales annoncées par le gouvernement. C’est habituellement le rôle des syndicats mai nous pensions avoir notre mot à dire. Nous sommes donc dans l’expectative et nous restons, de toute façon, très vigilants sur le déroulé des opérations à venir. Mais, je le répète, cette première réunion est pour le moins décevante…