L’imagerie de la femme sous tous les angles à la Journée SIFEM

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La Journée consacrée aux MERM durant le congrès de la Société d’Imagerie de la FEMme (SIFEM) est toujours une séquence appréciée des professionnels de la radiologie. L’édition 2022 qui s’est tenue au Havre le 10 juin 2022 n’a pas dérogé à la règle.

Des présentations très variées y ont été proposées. L’IRM mammaire a bien sûr été évoquée, tout d’abord par Alcine El Yaagoubi, de l’ICL de Nancy, qui a fait un focus sur la séquence ultra rapide avec injection, qu’elle a présenté comme le standard de demain. Ce type de séquence permet d’augmenter la spécificité de l’IRM et l’identification de la malignité, mais leur résolution spatiale actuelle ne leur permet pas de remplacer complètement les séquences longues. Une autre présentation concernant l’IRM a été dispensée, par Mathieu Bertin (Rennes), mais sur le plan de la préparation de l’examen chez la patiente suspecte d’endométriose pelvienne profonde, à travers des méthodes comme le balisage (gel-eau-aucune) les antispasmodiques (glucagen-spasfon-néant) ou la préparation colique (lavement – néant-préparation colique orale). Pour cette pathologie, l’orateur a précisé que l’échographie était l’examen de référence, avec l’IRM en seconde intention, et que sa préparation était primordiale pour sa qualité.

L’imagerie interventionnelle a également été évoquée, tout d’abord par le Dr Bertrand Bresson, radiologue, (CHU Bicêtre Paris) qui a présenté l’embolisation vasculaire pour le traitement de nombreuses pathologies gynécologiques et obstétricales en pratique courante et en urgence. Il a décrit notamment l’embolisation artérielle utérine en urgence, une technique sure et efficace dans la prise en charge hémostatique des hémorragies pelviennes, en particulier des hémorragies de la délivrance résistantes aux techniques médicales. Il est revenu sur les différents agents embolisateurs utilisés en pratique courante selon les indications. De l’interventionnel, il en été également question dans la présentation d’Élodie Bondoux (MERM, Clinique des Ormeaux Le Havre) sur la macrobiopsie sur table sous stéréotaxie. Elle a évoqué une étude rétrospective sur 40 patientes macrobiopsiées consécutivement sur une table dédiée en 2022, en rapportant les différentes complications rencontrées, leurs conséquences et la gestion de ces complications.

L’imagerie de la femme comprend désormais l’angiomammographie que Laurie Bayart, FF de cadre formatrice au DTS IMRT d’Arras a présenté et que la HAS (Haute Autorité de Santé) a évalué sous son format double énergie dans la stratégie diagnostique du cancer du sein. Cet examen peut être utilisée dans certaines situations, la mammographie et l’IRM restant les examens de référence. L’échographie mammaire en est un également et peut être pratiquée par un MERM, comme l’a présenté Nolwenn Oheix (MERM à Dreux), qui s’est formée à l’échographie d’acquisition et a obtenu un diplôme universitaire grâce auquel elle assure en plus de la mammographie une prise en charge en échographie mammaire sous le contrôle et la responsabilité du médecin radiologue. L’échographie mammaire par une manipulatrice est bien ressentie par les patientes, confiance et communication étant les maîtres-mots d’une coopération bénéfique d’autant que, si elle est assortie d’une primo interprétation, elle pourrait voir cette compétence reconnue en pratique avancée.

Toujours en imagerie diagnostique, Khadidja Zenati, FF cadre de santé formatrice à Poissy a présenté les techniques de recherche du ganglion sentinelle pelvien dans l’exploration du cancer du sein, du mélanome ou encore du col de l’utérus, en scintigraphie. Celle-ci mobilise un panel complet des compétences du MERM (préparation au labo chaud, prise en charge patient, gestion des déchets
et du matériel à stériliser, bionettoyage, traçabilité, technique de l’imagerie, radioprotection personnels et patients) avec une prise en charge psychologique de la patiente primordiale. Et sur le thème de la prévention des risque, Julie Sage (IRSN) a communiqué sur les Niveaux de référence diagnostiques en mammographie numérique et tomosynthèse mammaire. Un travail de recherche a permis de fixer des indicateurs sans distinction d’épaisseur de sein et quelle que soit l’incidence :
– 2D DR : NRD à 1,7 mGy et Valeur Guide Diagnostique (VGD) à 1,5 mGy ;
– tomosynthèse : NRD à 2,3 mGy et VGD à 1,8 mGy.
Les installations de mammographie numérique 2D CR sont par ailleurs à proscrire car trop irradiantes.

D’autres interventions plus en lien avec les soins ont également été proposées, comme celle d’Anaïs Buquet et Martine Feret (Centre H. Becquerel Rouen) sur la journée sein pré-thérapeutique décrivant un nouveau circuit de prise en charge du cancer du sein ou la table ronde qui a vu s’exprimer Richard Clautiaux, psychologue clinicien-sexologue au CHU de Rouen sur le thème « Manip radio et patientes : quelles attentes pour quelles patientes ? » Ou comment améliorer la compréhension des patients et de leurs comportements pour éviter les situations d’échanges difficiles par une meilleure communication. Florence Lefebvre, et Camille Joets, MERM au Centre Oscar Lambret de Lille ont enfin évoqué les différents parcours de prise en charge du cancer dans leur institution, qui permettent d’optimiser la venue des patientes, d’éviter de nombreux déplacements pour les rendez-vous et d’accélérer leur prise en charge.

Rendez-vous début juin 2023 au Palais des congrès de Bordeaux pour la prochaine édition de la Journée MERM de la SIFEM.