Les manipulateurs normands se réunissent autour du mouvement Movember

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L’équipe AFPPE Normandie a organisé, le 25 novembre 2017, une journée de formation sur le thème de la prise en charge des cancers de l’homme.

Un décalage évident entre les campagnes de dépistage, pour les hommes, vis à vis des femmes

Movember est un mouvement mondial organisé par la fondation Movember Foudation Charity tous les mois de Novembre. Elle invite les hommes du monde entier à se laisser pousser la moustache pour sensibiliser l’opinion publique et pour lever des fonds pour la recherche dans les maladies masculines et notamment le cancer de la prostate. C’est le cancer masculin le plus fréquent, il représente la deuxième cause de mortalité chez l’homme.

Du diagnostic au traitement et à l’impact de cette prise en charge sur la vie des patients, les intervenants ont apporté, lors de cette journée, leur retour d’expérience sur le sujet. En premier lieu, le Dr Eric TAPON, médecin radiologue au Havre, a rappelé les démarches diagnostiques pour identifier les pathologies spécifiques de l’homme. Il a insisté sur le décalage, dans la prise de conscience de l’importance du dépistage, qui persiste avec les cancers de la femme et a rappelé que bilan d’extension ou les recherches de récidives concernant le cancer de la prostate sont explorés de façon générale en TEP-SCAN à la choline. D’autres molécules existent mais ne sont pas encore utilisées en routine.

La radiothérapie, une technologie efficace dans la prise en charge du cancer de la prostate

Les pathologies cancéreuses chez l’homme restent extrêmement taboues, ce qui retarde la prise en charge. Ce tabou est présent chez les hommes mais plus largement chez les professionnels de santé. Même si les thérapies ciblées comme l’alpha-thérapie, présentée par le Dr David Bohn, Radiopharmacien au Centre Henri Becquerel de Rouen, laisse entrevoir beaucoup d’espoir dans le traitement des métastases prostatiques, on peut se demander pourquoi, au vu du nombre de personnes atteintes, aucun plan national de dépistage n’est mis en place.

La radiothérapie par Cyberknife sur la loge prostatique est également une thérapie ciblée proposée le plus souvent dans les cas de récidive. Cette technologie permet en effet, en 6 séances, d’irradier la cible avec une précision beaucoup plus importante que les appareils de radiothérapie classique, afin de préserver les organes sains à proximité et donc de limiter les effets secondaires.

Des pathologies rares qui touchent les jeunes sujets

Le Dr Silva nous a présenté, pour sa part, le traitement des cancers de la verge par curiethérapie. Ce traitement conservateur est possible dans les prises en charge précoces. Ce cancer reste très rare. De même, le cancer du sein existe chez l’homme, il reste très rare et ressemble beaucoup au cancer du sein chez la femme. Nous avons également évoqué le cancer des testicules, qui touche les hommes jeunes, de 20 à 30 ans. L’alerte est souvent provoquée par la palpation d’une masse par le patient lui-même. Le diagnostic est posé le plus souvent en échographie, examen de référence pour confirmer la nature de la masse.

Doit-on parler aux patients cancéreux de leur vie sexuelle ?

Les cancers de l’homme impactent de façon importante la qualité de vie des patients, souvent définitivement. Les troubles de l’érection ou le risque d’incontinence restent très fréquents. Ces conséquences sont-elles à l’origine du refus du dépistage, alors que le diagnostic précoce permettrait de diminuer, voire de supprimer ce type de pathologie ?

La dernière intervenante, Mireille Le Bousteller, Manipulatrice en radiothérapie au Centre Henri Becquerel de Rouen, a évoqué la qualité de vie et la sexologie. Il est clair que les professionnels de santé ne sont pas formés aujourd’hui pour aborder avec les patients leur qualité de vie intime. Pour autant, 90% d’entre eux souhaiteraient que le sujet soit amorcé par le professionnel lui-même.