Les communautés territoriales de praticiens militent pour la pratique avancée des MERM

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Les pratiques avancées sont aujourd’hui au cœur des débats lorsque l’on évoque l’accès aux soins et la continuité des parcours de soins. Dans le sillage des personnels infirmiers, d’autres filières paramédicales pourraient s’engager dans cette voie, notamment les kinésithérapeutes et les Manipulateurs d’électroradiologie médicale (MERM).

Si cette évolution n’a pour le moment pas trouvé écho auprès des représentants des radiologues, il n’en est pas de même des praticiens exerçant au sein des centres de soins. Ces structures couvrent l’offre des soins primaires de proximité, de type « médecin traitant », une réponse aux besoins de soins non programmés, ainsi qu’une alternative au recours aux services d’urgence hospitaliers lorsque la situation ne le justifie pas. Ces structures intègrent souvent une unité d’imagerie médicale, notamment d’échographie, de mammographie et de radiologie conventionnelle. Ces examens sont accessibles à la population dans un lieu unique, bien identifié, dans le cadre d’équipes pluridisciplinaires  de proximité́.

Mais ces centres rencontrent de nos jours des problèmes récurrents liés à la pénurie de radiologues et de manipulateurs radio, ainsi que d’un manque d’attractivité de l’exercice de la radiologie en centre de soins. C’est dans ce contexte que les représentants des principales associations de praticiens de centres de Santé, la Fédération Nationale des Centres de Santé (FNCS), l’Union Syndicale des Médecins de Centres de Santé (USMSC), ou l’Institut Jean-François Rey (IJFR) ont sollicité le Conseil National Professionnel des MERM (CNPMEM) afin d’étudier la possibilité de créer un statut de Manipulateur de Pratiques Avancées (MPA) pour que ces derniers puissent combler leurs besoins en radiologie.

Pour initier ce projet, ils ont élaboré un courrier commun adressé au Ministre Olivier Véran, auquel ont pris part, en plus des organismes sus nommés, l’AFPPE, le Comité d’Harmonisation des centres de formation et l’AFTMN (MERM de médecine nucléaire). Le projet exposé comprend les trois activités précitées. La radiologie standard, tout d’abord, pour laquelle le MPA adapterait la demande du clinicien en prescription radiologique en pratiquant les incidences radiologiques permettant de répondre à la question clinique tout en optimisant la dose de rayonnements ionisants. Après la réalisation de l’acte radiologique, notamment dans un contexte de traumatologie, de rhumatologie ou d’infectiologie, le MPA pourrait réaliser une interprétation et un compte-rendu, assisté le cas échéant d’un système d’aide au diagnostic par intelligence artificielle.

Pour la mammographie ensuite, alors que de nombreuses installations sont sous-exploitées par manque de radiologue, le MPA, dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein, pourrait réaliser l’acquisition des images et la première lecture, assisté dans ce cas également d’un logiciel d’aide au diagnostic dont la valeur prédictive négative a été démontrée. Pour l’échographie enfin, pratique pour laquelle de nombreux MERM sont déjà formés, la réalisation d’explorations en soins primaires et l’élaboration d’un pré-compte-rendu pourraient être attribués au MPA.

Cette évolution des pratiques est, on l’aura compris, très fortement souhaitée par les représentants des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS), qui sont en première ligne pour la gestion des soins primaires. Ces praticiens sont au plus près des populations et sont très bien placés pour évaluer les besoins d’accès aux soins pour lesquels un manque criant est constaté. C’est la première fois qu’une composante de la communauté médicale se tourne vers les représentants des MER pour faire le même constat que nous sur la place que pourraient avoir des MPA dans l’offre de soins en imagerie.  Cette démarche commune auprès du ministère de la santé, qui n’associe pour le moment pas les représentants des radiologues, nous permet de demander officiellement aux tutelles le lancement d’une réflexion pour la mise en place d’une pratique avancée pour les manipulateurs.

Même si le chemin reste encore long et semé d’embuches,  c’est une première étape déterminante du processus de construction du statut de MPA.