La recherche pour les MERM, c’est du concret !

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À l’occasion des Journées cadres d’imagerie organisées par l’AFPPE à La Rochelle, la session du 20 mai 2022 était consacrée à la recherche paramédicale.

Florian Nassiri, Fabien Salesse et Samuel Guigo

Fabien Salesse, ingénieur hospitalier au CHU de Bordeaux et Responsable de la Commission Recherche de l’AFPPE, a introduit le sujet en posant les bases d’un domaine peu connu des manipulateurs d’électroradiologie médicale (MERM) et dans lequel ils ont pourtant toute leur place, notamment depuis la publication du Décret du 19 novembre 2017. Il a présenté le DU MERC qu’il dirige à l’Université de Montpellier et qui forme les MERM à la méthodologie de la recherche et a tenté de convaincre les cadres présents à cette session de favoriser les initiatives émanant des MERM pour des projets de recherche, en les assurant que la production de données scientifiques solides dans ces travaux était un marqueur fort d’une profession.

Il a ainsi cité les 9 PHRIP MERM qui ont déjà été validés par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) depuis dix ans, ce qui permet aux chercheurs de financer leurs travaux. Ces projets ont été initiés par des MERM de différents établissements et traitent de disciplines très diverses, comme la radioprotection, l’hypnose, la radiothérapie, la radiologie interventionnelle, la médecine nucléaire, l’éducation à la Santé par la simulation, voire l’intelligence artificielle. Le PHRIP n’est d’ailleurs pas le seul moyen d’obtenir des financements, puisque le GIRCI, les industriels ou les établissements de Santé eux-mêmes peuvent y participer. Sans oublier la bourse Recherche attribuée chaque année par l’AFPPE et qui débloque une dotation de 25 000 €.

Cette session a donné également la parole à deux chercheurs MERM qui mènent deux projets bien avancés aujourd’hui. Le premier, Samuel Guigo, qui exerce en neuroradiologie au CHU de Brest, a imaginé un système de simulation préopératoire pour les embolisations d’anévrismes intracérébraux non-rompus. À partir des données images d’une artériographie en 3D, il a conçu une cartouche au sein de laquelle est imprimée en 3D l’artère à traiter. Le praticien peut alors utiliser ce jumeau numérique du vaisseau pour tester les matériels qui permettront de l’emboliser. Samuel a fabriqué jusqu’ici trente modèles de ce type, comme autant de preuves de concept pour différents anévrismes. Les résultats de ce travail de recherche montrent que la procédure réelle est plus sure, qu’elle dure moins longtemps, qu’elle irradie moins et qu’elle est moins coûteuse en dispositifs médicaux implantables.

Le second projet présenté ce 20 mai, appelé PARADI, est celui mené par Florian Nassiri, MERM au CHU de Poitiers, et se propose de démontrer que la détection des fractures aux extrémités par radiographie peut être réalisée par des MERM aidés par l’intelligence artificielle (IA). Ce projet a été le premier, en 2018, à être récompensé par la bourse AFPPE. Il a été recalé une première fois lors de son dépôt au PHRIP pour défaut méthodologique, mais a été finalement accepté en 2020 après quelques améliorations. Pour cette étude, les performances des MERM, qui ont été formés au préalable, ont été évaluées avec et sans l’IA. Ceux qui ont passé un premier test et ont obtenu 80% de sensibilité, de spécificité et d’exactitude ont pu continuer le processus. Il leur a été demandé alors d’analyser 400 dossiers pour valider l’étude. Florian a justifié son travail de recherche par le fait qu’il existe 5,7% de discordance entre l’interprétation d’un urgentiste et celle d’un radiologue pour les radiographies du squelette. Il a rappelé également qu’au Royaume-Uni les MERM pouvaient signaler les fractures et que ce n’atait qu’un avis et non une interprétation.